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La Nausee

February 14, 2009

Antoine Roquentin, célibataire d’environ trente-cinq ans, vit seul à Bouville, cité imaginaire qui rappelle le Havre. Il travaille à un ouvrage sur la vie du marquis de Rollebon, aristocrate de la fin du XVIIIe siècle, et vit de ses rentes, après avoir abandonné un emploi en Indochine, par lassitude des voyages et de ce qu’il avait cru être l’aventure. Il tient son journal, et c’est le texte de ce journal qui constitue le roman, écrit à la première personne. Il constate que son rapport aux objets ordinaires a changé et il se demande en quoi. Tout lui semble désagréable. Il n’a plus d’affection pour personne. Il rencontre l’Autodidacte à la bibliothèque. Roquentin sent un profond éloignement avec tout ce qui l’entoure. Il ne supporte plus la bourgeoisie de Bouville, M. de Rollebon lui semble vite bien terne et sans intérêt, aussi arrête-t-il son livre. Il veut tout quitter puis se dit que seul l’imaginaire parviendra peut-être à l’arracher à la Nausée et l’écriture d’un roman l’aiderait peut être à accepter l’existence.

Élaboration

Le roman intitulé La Nausée est le fruit d’un long parcours et d’une longue élaboration de huit années. Parti d’une approche philosophique de la conscience et de la contingence, le jeune professeur alors en poste au Havre élabore le projet d’un « factum », d’une analyse agressive d’une approche philosophique, qui se transforme en œuvre romanesque sous l’influence des lectures de Céline[1], de Kafka ou de Queneau. Il approfondit également l’aspect philosophique de l’œuvre en étudiant de près Husserl et la phénoménologie allemande, en particulier durant son séjour d’ une année à la Maison Académique française de Berlin en 1933-1934, séjour qui le laissera cependant aveugle à la réalité du nazisme. Il rédige plusieurs versions successives annotées par Simone de Beauvoir mais le livre est refusé par les éditions Gallimard en 1936 malgré l’aide de Paul Nizan. Il reprend son texte qui est finalement accepté au printemps 1937. Il devra cependant encore le modifier pour gommer certains passages « un peu libres » (c’est son expression) et supprimer une quarantaine de pages. Le titre initial choisi par Jean-Paul Sartre était Melancholia, sans doute par référence à Dürer, mais Gaston Gallimard propose et impose le titre définitif La Nausée : l’ouvrage paraît en avril 1938 et est salué par l’ensemble du monde des lettres.

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